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D’un jour à l’autre. Le secret de l’atelier…

Livres Uniks-2 /////// Septembre 2017 // Paris

Espace Topographie de l’Art, 15 rue de Thorigny, Paris 3e

Exposition collective du 12 septembre au 8 novembre 2017
du mardi au samedi de 14h à 19h
Vernissage le samedi 9 septembre de 18h à 21h

Artistes : Claire Angelini, Cristina Barroso, Yves Carreau, Leila Danziger, Horst Haack, Gianpaolo Pagni, Étienne Rozsffy, Hans Sieverding

Commissariat : Horst Haack

Espace Topographie de l’Art
15 rue de Thorigny Paris 3e.
www.topographiedelart.fr

Présentation des Cahiers Nomades d’Yves Carreau

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CLIQUEZ SUR LA PREMIÈRE IMAGE DU PANNEAU AFIN D’ENGAGER LE DIAPORAMA.
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À propose de ces cahiers (extraits).
« Pendant près de vingt-cinq ans, de 1990 à 2014, en marge de son travail de dessinateur et de graveur, Yves Carreau a, pour lui-même, rempli avec constance quelque cent soixante cahiers à dessin d’un modèle identique, au format modeste d’un cahier d’écolier. Ils n’étaient pas faits pour être montrés et sont exposés pour la première fois.
(...)
Ni journaux, ni carnets de travail, les cahiers sont des œuvres à part entière, mais aussi des œuvres à part.
On y découvre en effet de petits imprimés de toutes sortes, ramassés par le promeneur urbain, l’amateur de bistrots, le lecteur de journaux, le collectionneur compulsif, bref, l’œil ardent qu’était Yves Carreau : cartons d’invitation à des expositions, articles découpés dans la presse, tracts, autocollants divers (ceux des oranges, par exemple), étiquettes de vin, reproductions de tableaux, publicités, etc. Rarement laissés tels quels, ils se sédimentent en collages élaborés comme autant de compositions de matières et de significations, à l’échelle de la page. À cela s’ajoutent des dessins à la pointe fine, de petite taille, compacts comme le sont quelques énoncés laconiques, manuscrits à l’encre noire : phrases entendues ou lues et notations personnelles chargées tantôt de gravité (« La force spirituelle de l’homme seul ») tantôt d’auto-ironie (« Il est dangereux de se pencher au-dedans »).
(...)
Chaque page est ainsi un démenti à la dispersion de l’expérience visuelle ordinaire et aux aléas de l’information ; elle lui oppose la concentration du visible et la nécessité du sens qui font l’art. C’est ainsi que les cahiers ne sont pas de simples recueils, mais les réceptacles, face au monde, d’une ascèse du recueillement créateur.
 »
Anne Mœglin-Delcroix, mai 2017

Reproductions photographiques pour le catalogue et le site : Sébastien Pons

Extrait

déplorant {} la mort d’un ami cher, un matin de printemps à Paris, dans une lumière comme la brume
11 heures du matin, le 11 mars 97, Gôzô Yoshimasu

Chenal de bateaux pour tatouage du cœur, dans le pays des vieux moulins à vent, du poulain de « souvenirs du vent »,
« nous sommes des bêtes fragiles… »
parlant ainsi, je continue à être en vie, j’ai levé les yeux vers un « ange doré »

chenal de bateaux, sillage de bateaux, étaient, peut-être, le voyage de l’eau…
peut-être aussi bombement du rêve d’une poignée, d’une cuillerée de la licorne qui chuchota « pas de souliers de satin dans le vaisseau spatial »

pour le deuil et l’éloge funèbre, je me suis vu tenter de composer une musique nouvelle moi qui ne suis pas compositeur

visage de mort, ton visage… pourquoi me suis-je plusieurs fois levé pour le voir
Paris, dix ans après et un manège doré… (la grande Seine,…) comme, non ? une surface d’eau monte, baisse, imprègne le cœur

je me suis levé pour voir le visage de mort, le bec d’oiseau qui picote, « voile du ciel »……
au jardin du Luxembourg où avec toi j’avais pris une photo en souvenir, j’aimerais toucher le bord du banc en bois, du banc de bois, en suivre la forme mais

mon corps fatigué
je l’ai allongé comme une baleine
j’ai plongé dans les abîmes

revenu à la conscience, me voici dans une forêt

à « ta baleine » et « à ta forêt » c’est à cela que je toucherai ce soir, en français, comment sonne le mot kujira, au fond de la mer, j’écouterai, côte à côte avec Yves Tanguy prés des cailloux, c’est dommage, chuchote aussi la Seine

chenal de bateaux pour tatouage du cœur, le pays des vieux moulins à vent, le « souvenirs du vent » et le poulain aussi chuchotent : c’est dommage… dommage
pavés gris, collines muettes, pavés gris, collines muettes, pavés gris

« baleine fatiguée, fatiguée, baleine » « baleine fatiguée,… baleine fatiguée »